La Gazette des Biquets N° 6

ROQUES, AVES, TESTIGOS, TRINIDAD, GRENADINES


UN AQUARIUM NATUREL : LES ILES ROQUES, LES ILES AVES (VENEZUELA)

Nous retrouvons notre maison flottante et organisons de nouvelles croisières. Plus particulièrement les îles des Roques situées au large du Venezuela et surtout un peu plus à l'Ouest les îles Aves qui sont restées encore plus authentiques.

Nous avons aussi le plaisir de retrouver Fabienne et Bruno qui embarquent à bord de Voyage pour la troisième fois. La même cabine leur est réservée, plus besoin de faire les présentations, ils sont aussitôt chez eux.

Les voiles hissées nous progressons à six nœuds sur la mer des caraïbes pour regagner l'archipel des îles des Roques qui est à présent un parc national d'une extraordinaire beauté.

Protégées par une grande barrière de corail, caressées par les alizés, les îles Roques offrent de bonnes conditions de navigation sur un plan d'eau couleur émeraude. Ce paradis est reconnu par de nombreux navigateurs "tour du mondistes" pour être l'un des plus beaux sites au monde.

Sable blanc, eau turquoise, récifs coralliens, forment un petit paradis. Un véritable sanctuaire pour les langoustes et autre faune aquatique telle que capitaines, mérous, perroquets, rougets, dorades, carangues, tortues et dauphins.

Nous partons tous les quatre en randonnée aquatique munis de masques, palmes et tubas et Biquet mène la danse. Nous jouons avec langoustes et tortues dans deux mètres d'eau au milieu d'arbres coralliens.

Le paradis me direz-vous !!! eh bien pas tout à fait. La pêche et la chasse est strictement interdite dans ce parc naturel. Voir autant de poissons et langoustes dans une eau avoisinant les 30° c'est bien, mais ne pas pouvoir en faire griller un seul sur le barbecue à l'arrière du voilier en contemplant un soleil couchant, il faut bien avouer que c'est un peu frustrant. Bon OK, j'arrête là, on va dire que je suis une fille gâtée.

Toujours est-il que d'un commun accord nous décidons de lever l'ancre pour faire de l'Ouest en destination de l'archipel des Aves.

Après s'être frayé un chemin au milieu des pâtés de corail nous mouillons l'ancre dans un lagon et partons aussitôt en randonnée aquatique afin de voir ce qu'il se passe là-dessous !

Deux heures passent à contempler les fonds sous-marins d'une incroyable beauté où la danse des bancs de poissons nous fait perdre la notion du temps. Biquet me fait signe qu'il rentre au bateau et je crois bien savoir pourquoi !

Quelques minutes plus tard, nous regagnons également le voilier afin de se restaurer un peu et, à notre arrivée, il nous présente les quatre premières langoustes des îles Aves prêtes à être grillées sur le barbecue.

Fabienne et Bruno salivent déjà !

Cet archipel moins fréquenté par les voiliers (en raison peut-être de sa position géographique) est encore vierge de toute habitation. Aucun aéroport, aucune auberge ne vient perturber ce havre de paix, le tourisme n'existe pas dans ce petit paradis, comme cela était déjà le cas lors de notre passage en 1992.

Nous passons une semaine dans ce décor de rêve en changeant de mouillage chaque jour dès que le soleil est suffisamment haut afin de bien pouvoir slalomer entre les coraux. Nous choisissons nos menus "poissons" et "coquillages" que Biquet nous ramène sans difficulté. Il faut quand même préciser que la chasse sous-marine est une passion pour lui, et qu'il pratique cette discipline depuis plus de 20 ans.

De toute évidence cela lui paraît bien plus facile qu'en Méditerranée.

Le séjour de Fabienne et Bruno arrive malheureusement à sa fin, nous devons regagner les Roques contre vent et marée.

Après huit heures de navigation "Voyage" se balance doucement sur son mouillage devant le mini aéroport. Bye Bye à tous les deux et à bientôt.

 

L'ARCHIPEL DES TESTIGOS (VENEZUELA)

Après quelques jours de farniente, nous décidons de quitter les Roques pour un autre paradis : l'archipel des Testigos.

Cap à l'Est contre vent et courant, "Voyage" taille courageusement sa route. Voiles et moteur à l'appui, la remontée est difficile pour enfin retrouver le calme du mouillage de "Testigos Grande" où quelques rares navigateurs sont venus mouiller.

Ici aussi rien n'a changé, le temps semble s'être simplement arrêté. Une île plate et longue, déserte et rocailleuse dans un anneau d'eau vert pâle, bordée de sable blanc ; les chèvres sauvages s'égayent dans un déferlement de cailloux, un iguane se chauffe le ventre sur un rocher brûlant ; voici notre nouveau jardin.

Nous retrouvons la famille de "Tchountchoun", qui sont les seuls habitants à demeurer sur l'île. Cette famille vit en symbiose avec la nature, elle se nourrit exclusivement de chasse et de pêche, le ravitaillement en eau potable est assuré par l'armée.

Elle offre aux bateaux de passage un accueil toujours très chaleureux, et si dans vos cales quelques boîtes de "petits pois carottes" sont là, n'hésitez pas à les sortir pour l'accompagnement des délicieuses pêches du maître des lieux "Tchountchoun", il les adorent.

Il nous invite à la chasse à la langouste, à la palombe, au cabri et nous fait découvrir son petit paradis. Le soir, nous partageons nos repas devant sa petite case et tous réunis autour du feu chantons au son de sa vieille guitare jusqu'à la lueur de la dernière braise.

Le rhum coule à flot, les Antilles sont à quelques encablures, et les retours en annexe vers les bateaux ne sont pas tristes !

Nous sommes le dimanche 12 juillet, jour historique de la grande finale de la coupe du monde de football. Le groupe électrogène ronronne avant le coup d'envoi. Nous sommes tous hébergés pour l'occasion dans la chambre où se trouve le téléviseur de l'île. Assis en tailleur, les spectateurs prennent place autour du lit ainsi que le chien, le pélican "Ilot", les deux perroquets (qui, à chaque cri du public, reprennent en chœur), et aussi Paco, le petit singe hurleur qui est carrément planté devant l'écran. La victoire des "bleus" est grandement fêtée avec des palombes au menu du soir et nous enchaînons avec le 14 juillet national !

 

CARÉNAGE DU BATEAU À TRINIDAD

Mais le temps défile trop vite, nous quittons la famille "Tchountchoun" pour rejoindre d'autres horizons. Cap à l'Est, toujours contre vent et courant, nous longeons la côte du Venezuela et voici les Bouches du Dragon puis la baie de Chaguaramas sur l'île de Trinidad. Le décor n'a plus rien de semblable, des milliers de bateaux sont entreposés à terre pour le carénage des coques. Au tour de Voyage à être levé ! Plusieurs chantiers sont installés sur la zone, de grands magasins d'accastillage, de petits restaurants pour se restaurer, rien ne manque, tout a été soigneusement pensé et en plus il y a le professionnalisme des Anglais qui reste dans ce domaine inégalable.

Cinq jours sur ber suffisent pour remettre à neuf les fesses de Voyage.

Nous poursuivons par la remontée du croissant des Antilles et pénétrons dans le trou à cyclone du Marin sur l'île de la Martinique. Ce magnifique port abri naturel nous permet de laisser Voyage afin de rentrer sur Toulouse pour les fêtes de fin d'année.

Les festivités terminées, nous sommes le 30 décembre, dans la salle de l'aéroport, toute la famille nous accompagne. Un avion qui tarde à venir, suivi de longues embrassades, puis la queue au poste de douane et le douanier qui louche sur les sachets de flan pâtissier et les pots de foie gras !!! Les baies vitrées nous séparent à présent, puis tout disparaît, nous restons seuls, la larme à l'œil. Encore un grand merci à toute la famille pour l'accueil chaleureux que vous nous avez réservé, pour tous les superbes repas que vous nous avez mitonnés, les amis que nous avons retrouvés et le week-end ski d'enfer dans les Pyrénées.

De retour au bateau, nous mettons le cap plein Sud pour le carnaval de Trinidad.

 

LE CARNAVAL DE TRINIDAD

Nous amarrons Voyage sur une bouée au "Trinidad et Tobago" Yacht Club (T.T.Y.C) dans la baie du carénage, plus proche de la Capitale de Port of Spain. Nous assistons aux préliminaires des éliminatoires de tous les costumes du Carnaval. En effet, seul un roi et une reine seront élus alors qu'il y a plus de 80 figures qui font la parade de cette fête grandiose. Les gradins sont combles, les costumes magnifiques, les groupes de steel-bands rivalisent, la danse est partout dans la ville. Les femmes et les hommes défilent en présentant leurs parures. Des mètres de haut, des mètres de large, des plumes, des paillettes, des poissons géants, des dragons, des plages de cocotiers, ici tout le monde à sa place, il suffit d'être déguisé pour pouvoir se présenter.

Dans la rue, c'est de la folie, costumé, masqué, peint, le peuple est dans la ville, place à la danse !

La nuit s'installe sur Port of Spain, les groupes de steel-bands redoublent de "punch", des corps magnifiques, leur peau couleur ébène, les paillettes qui scintillent en font un spectacle absolument grandiose. Des bandes de plus de 100 personnes parées de costumes assortis dansent sur les rythmes du Carnaval. Nous vivons ainsi, durant quatre jours et quatre nuits à danser et chanter dans la rue.

Soudain les douze coups de minuit se font entendre, tout s'arrête, silence complet, les oreilles bourdonnent… C'est fini, bye bye Carnaval ! "It's time to go home" hurlent des hauts parleurs ! Les rues se vident progressivement et dans les yeux de chacun nous pouvons lire "vivement l'an prochain".

Quelques jours de repos nous sont nécessaires afin de nous remettre …

 Sous voiles

LES GRENADINES ET LES TOBAGO CAYS

En route pour le Nord avec l'île de Grenade puis Union où nous retrouvons Joséphine et Georges, deux nouveaux équipiers pour une croisière de 15 jours aux Grenadines.

Leurs bagages sont remplis de lettres, de saucissons, de vin, la bonne ambiance, quoi !

L'archipel des Grenadines qui s'étend de Grenade à Saint Vincent est un véritable chapelet d'îlots qui offrent des mouillages idylliques dans de magnifiques lagons.

L'atmosphère nonchalante de ces îles fait aussi place à la fête rythmée par les airs de biguine.

Certaines îles sont de simples atolls coralliens bordés de plage de sable blanc et de récifs inexplorés qui regorgent de poissons multicolores ; d'autres constituent d'imposant reliefs volcaniques, propices à l'agriculture.

Devant l'étrave, les Tobago Cays, avec la barrière de corail et les magnifiques plongées en compagnie d'énormes poissons-perroquet qui viennent parader à quelques mètres de nos masques.

De beaux coquillages lambis jonchent sur le sable blanc.

La faune vit ici en toute quiétude car le site est classé réserve naturelle, et la pêche sous toutes ses formes est bien sûr interdite.

Voici Mayereau et les soirées Reggae à gogo !

A quelques miles de là, Cannouan, Béquia, St Vincent, Sainte Lucie et, dernière escale pour Joséphine et Georges, l'île de la Martinique.

Là nous pratiquons de belles parties de chasse à la langouste qui resteront ancrées à jamais dans la mémoire de Georges, qui est un fin plongeur également.

Bye, Bye, les amis, et "pas ni problème Georges" de nouveaux rendez-vous sont pris pour la chasse à la langouste.

Biquette.

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