La Gazette des Biquets N° 4

AFRIQUE-BRÉSIL, SALVADOR DE BAHIA


TRANSAT AFRIQUE- BRÉSIL

Voilà nous y sommes : samedi 10 janvier 1998, 12 heures, cap au 232°. Nous serpentons au milieu des récifs qui encerclent la sortie. Nous sommes face à la Gambie. L'extrait du livre de bord me semble bien fastidieux, alors voici en quelques lignes le récit de ce grand saut.

Les quatre premiers jours sont calmes, 15 nœuds de vent, mer agitée, l'estomac se recale doucement.

Pour animer un peu la vie du bord, le génois se déchire sur 50 cm. Nous affalons en catastrophe et de nuit s'il vous plaît, pour attaquer dans la houle et la moiteur du carré une magnifique couture qui durera la bagatelle de 8 heures !

A 16 heures, le génois est renvoyé et une énorme boîte de lentilles aux confits de canards mijote sur le feu pour fêter la réussite!!!

Tous les jours les contacts radios BLU nous permettent de passer de très agréables moments et nous échangeons nos points GPS avec les copains de bateaux.

Mardi 20 janvier à 11 h 24 mn nous passons l'équateur !

Nous sommes au sud et le vent fait des caprices, les orages se font sentir, le thermomètre enregistre 35° dans le bateau. Nous sommes très fatigués car la nuit nous réserve des sautes de vent et des orages nécessitants des manœuvres rapides dès la sortie de l'oreiller. Nous sommes au près serré avec 30 nœuds de vent à l'approche de l'île de Fernando de Noronha.

Mouillage bien mérité 03.49.97 S et 032.24.19 W.

Après 12 jours de mer, un repos bien mérité devant la chapelle de l'île de Fernando de Noronha et en prime de belles baignades dans une eau turquoise sous l'œil amusé des tortues.

Nous repartons pour 5 jours de plus !!!

Beaucoup de cargos nous rappellent à la veille de nuit, le vent est faible, les orages diminuent peu à peu. Des oiseaux nous accompagnent confortablement installés sur le panneau solaire ! La terre est proche, les halos de lumière se dessinent sur tribord.

Jeudi 29 janvier, 14 heures. Salvador de Bahia est devant nous.

Un monstre sur la colline, des grattes ciel qui se mélangent aux vielles demeures, des palmiers, du sable blanc, des favelas sous les arches des ponts en font une ville aux contrastes forts saisissants.

Voyage se repose enfin devant le fort de la vieille ville après 17 jours de traversée, record de lenteur pour les Biquets, 2.065 miles au loch (4000 km), moyenne journalière 125 miles contre 150 en 1992.
L'alizé n'est pas toujours là !

LE BRÉSIL

Salvador de Bahia, de l'océan à la ville, la transition est trop rapide ! Pourtant au Brésil ce lieu est considéré comme un coin de paradis ! C'est ici qu'il fait bon vivre, la terre des artistes !!!

Nous jetons l'ancre devant le fort de Sao Marcello au milieu des grosses barques pavoisées. Un seul bateau de voyageur est mouillé là, il s'agit du bateau CORAIL II avec Denise et René rencontrés à Dakar. Ils nous guident durant 2 jours dans la ville pour nous éviter les déboires qu'ils ont vécu (ex : 2 jours pour faire les formalités d'entrée !.) Seule langue parlée le portugais Brésilien avec des "ou" et des "che" partout.

Nous sommes complètement saoulés, les odeurs de friture, d'huile de palme, les senteurs de fruits, celles fortes et épicée du poisson séché et de la viande dans la nuée de mouches sur l'étalage. Tout se mélange !!! Et par-dessus cette mixture : de la bière bien fraîche !!!!

Il y a aussi les enfants qui veulent vous vendre une poignée d'arachides, les machines pétaradantes qui broient la canne à sucre pour en extraire le jus, des hordes de voitures qui klaxonnent et les 1.700.000 habitants de la ville qui déambulent sur les trottoirs.

Salvador appelé aussi Bahia est divisé en 2 parties. La ville basse avec le port de commerce et tout le quartier des affaires et la ville haute avec le magnifique vieux quartier du Pélourino classé patrimoine mondial. De petites ruelles, des maisons coloniales peintes aux couleurs pastel avec de belles fenêtres aux balcons de fer forgé composent le décor du Pelourino. Au centre, l'imposante église notre Séniora do Rosario dos Pretos à la façade bleutée couvertes de feuilles d'or !

Beaucoup de gamins complètement démunis, pieds nus, font la mendicité quémandant le fond de votre bouteille de soda, et le reste de votre brochette de viande pour aller se tapir ensuite sous les porches avec les chats. Une autre facette de ces costumes de lumières, un Carnaval de misère pour ces enfants de la rue, c'est cela aussi Bahia !

Jeudi 20 février, ouverture du carnaval dans les rues. La foule inonde toutes les avenues et déambule au son des "trio-electricos". Il s'agit d'énormes camions équipés de baffles gigantesques sur lesquels les vedettes du hit-parade brésilien se produisent et je vous laisse imaginer le délire du peuple !!! 3 millions de personnes dans les rues, derrière les camions des groupes de 500 personnes que l'on quadrille par des gardes fous pour empêcher la foule de disloquer le groupe qui danse. Autour, le peuple en délire qui se trémousse aux sons des rythmes de samba cherchant 20 centimètres de surface au sol pour poser les pieds et une bouffée d'air à 40° pour respirer !

Pas de costumes, pas de défilé, uniquement des hordes de gens qui descendent dans la rue ! Chacun fait son petit commerce avec une glacière et quelques canettes de bières, les gamins de 6 à 10 ans ramassent les boîtes de boissons vides pour les revendre au kilo d'aluminium !!!! Dans le vieux Salvador de Bahia, quelques groupes de bandas animent les rues. La folie dans la ville s'achève le mardi matin à l'aube et nous embarquons Brigitte et Vincent, nouveaux équipiers pour une croisière vers le nord en découvrant la baie de Todos Os Santos.

Nous naviguons dans le calme d'une des plus grandes baies du Brésil : 25 miles du nord au sud et 20 miles d'est en ouest, parsemée d'îles à la végétation tropicale….

Biquette.

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