La Gazette des Biquets N° 23

De Panama aux Galápagos


Ne te retourne pas Voyage...

  
-A1 LES PORTES DU CANAL                                                                                  -A2 LE PONT DES AMERIQUES

Les lourdes portes du Canal de Panama se sont refermées derrière ton sillage Voyage, laissant à ton passage, l’Atlantique et l’empreinte indélébile de ses magnifiques paysages avec les souvenirs de rencontres inoubliables et quelques 13 années de vagabondage.

A présent, regarde devant toi,
Voici le Pacifique…

  A3 EN ROUTE POUR LE PACIFIQUE

Les îles Perlas du Panama
En ce dimanche 20 Mars 2010, nous quittons le mouillage de la Playittas de Flamenco (sous l île Flamenco de Panama City par 08.54.64N /079.31.52W), et faisons route vers les îles Perlas, situées à une petite journée de navigation de Panama.

A4 LES ILES PERLAS CARTE

Cet archipel dépendant de l’état de Panama, forme un chapelet de petites îles très sauvages, pour la plupart inhabitées. Mais nous ne sommes pas encore en manque de paradis perdus et mouillons l’ancre sous l'île de Cantadora, devant le petit village par 08.37.60N/079.01.76W . Cette île est la plus habitée de l’archipel et célèbre pour abriter régulièrement des réunions au sommet de Chefs d'Etats. Une petite route serpente l’intérieur des terres et de belles demeures, et hôtels de luxe se découvrent aux abords des falaises. La houle contourne l’île et le mouillage se fait parfois rouleur quand vent et courant se font face. Nous nous préparons, physiquement, psychologiquement, et surtout moralement, a partir vers d’autres horizons, car partir vers l inconnu, n est pas chose facile. Nos amis de Lazarina avec Bea et Stéphane nous retrouvent et nous poursuivons ensemble vers le sud de l’archipel.

  
- A5 EN ROUTE VERS SAN JOSE                                                                                   - A6 PERLAS CARTE SAN JOSE

Voici l’île de San José et le mouillage de Ensenada Playa Grande par 08.15.35N/079.05.40W, cette très large baie est bordée d’une immense plage de sable et de roches.

   
-A7 LA PLAGE DEBARQUEMENT                                                                                  -A8 RANDONNEE A SAN JOSE

Le débarquement en annexe y est parfois un peu humide mais ne nous empêche pas de partir en exploration, avec Bea, Stéphane et leur équipier Jean Yves pour une ballade dans les terres. Un magnifique sentier ombragé, nous invite à la marche. Il se fraye passage dans une épaisse végétation jusqu’à la Punta Popa, puis laisse place à une petite piste d’atterrissage…. Mais qui peut donc atterrir ici ?

    
-A9 BEAU CHEMIN DE RANDONNEE                                                                                  -A11 ON REFAIT LE MONDEAVEC BEA

Nous poursuivons ainsi notre marche, durant près de deux heures, et découvrons enfin un magnifique complexe hôtelier perché sur les falaises. Nous sommes rendus à la pointe Sud Est de l’île. A nos pieds un mouillage s’offre a nos yeux, encerclé par d’énormes roches en forme de Tiki , ce paysage est inattendu et grandiose.

  
-A12 LE MOUILLAGE VU DE L HOTEL                                                                                   -A13 LES ROCHES TIKI VUES DE L HOTEL

Nous sommes assoiffés, extenués, n’avions pas prévu cette rencontre, et n avons pas un dollar en poche. La direction de l’hôtel nous offrira l’hospitalité et sa table pour le repas de midi. Quelques touristes privilégiés, essentiellement Américains, occupent les lieux. Nous passons un superbe après midi, relax les pieds dans la piscine, entourés de Toucans et de perroquets .

  
- A14 PAS BELLE LA VIE                                                                                  - A15 SAN JOSE AVEC STEPHANE DE LAZARINA

En fin d après midi, nous sommes raccompagnes en 4/4 à l’Ansenada Playa Grande, faisant un crochet par le petit aérodrome, ou un jet privé attend ces clients pour un retour sur Panama. Pour nous une autre sorte de jet nous attends… avec un saut en annexe quelque peu humidifié pour Stéphane, qui, vaillant, récupère des dollars au bateau pour régler nos dettes. Nous déplaçons nos bateaux avant le coucher du soleil, et jetons l’ancre juste à 3 miles de la, dans le Sud Ouest, par 08.13.39N/079.06.54W dans le magnifique mouillage, au pied de l hôtel, sous l œil bienveillant de l énorme rocher en forme de Tiki.
Tous réunis pour un bon Planteur, nous savourons les moments intenses de cette journée et constatons encore une fois, la gentillesse, la confiance et l’hospitalité des Panaméens.

- A16 TUCAN DE SAN ROSE

Lundi 29 mars, un bon créneau météo s’offre à nous. Il est grand temps de lever l’ancre et mettre le cap vers les îles Galápagos. Nous avons malheureusement pas réussi a faire un petit convoi de bateaux, comme nous le souhaitions pour cette navigation, car les équipages ne sont pas prêts, pas pressés, et tous les bateaux amis, encore sur les San Blas, passeront Panama qu’a la fin avril. Nous ferons route avec Lazarina (Trismus 32) mais seulement durant les premières heures, car malheureusement, nos bateaux et vitesse de croisière, sont trop différents.

 A17 EN ROUTE POUR LES GALAPAGOS

Nous mettons le cap en premier lieu, et ce en fonction de la direction du vent vers la petite île de Malpelo, située dans le Sud Ouest à 288 miles de nous. Nous ferons ensuite une route vers les Galapagos en fonction des conditions, mais avons tout le temps d’y penser car elles sont encore à 800 miles....
Nous conversons en radio BLU tous les jours à 03h00 TU avec Jeanne qui anime avec cœur radio Polynésie sur la fréquence 13940.

Voici quelques extraits de notre livre de bord pour cette traversée.

Mardi 30 mars 2010 10h30 locales soit 15 h 30 TU
Position GPS 06.19.55 N et 080.14.31 W
130 miles parcourus, belle nav de nuit, l’équipage est en forme pour cette 2 eme journée a venir, temps très beau avec Vent Nord 10 N, au 180 degrés, sous Spi, mer belle, pêche : 1 heure de bataille pour un thon magnifique qui décroche au dernier moment, on mange des pâtes !
Mercredi 31 mars 10h00 locales 3 eme jour de navigation vers les Galápagos
Nombre de miles parcourus : 224 sur 850 environ
Position GPS : 04.43.35 N et 081.12.89 W
Estimation temps pour l arrivée : 5 à 10 jours
Météo : Vent nul ou variable en force et direction, pluie et orages, mer belle
Vitesse du bateau : 5 N sur 1 moteur et GV depuis 12 heures
Moral de l équipage : Encore avec le sourire, quarts de 3 heures chacun, l on se croise dans le carre, De plus la nuit, les vestes de quart et les bonnets sont de sortis, ce n’est pas comme cela que l on va faire un petit !
Pêche : Toujours rien aux hameçons ! Mais sommes entoures de dauphins gris, tachetés de blanc, qui se marrent en voyant nos lignes !
Anecdote du jour : Nous approchons de l’Equateur, donc plus de vent et des ondées torrentielles.... et ce matin juste en guise de réveil, des gouttes d eau tombent au ras du PC portable !! Non, non pas du ciel mais du bouton de la liseuse intégrée dans l’équipé du dessus ! Et savez vous quoi qu il y a dans l’équipé ?.... l’immense tableau électrique !!! L’eau s’immisce par la vis d un taquet fixée sur le pont, et s écoule gentiment sur les fils électrique, qui ont les pieds dans l eau, eux aussi. Pour l’instant un ventilateur, tourne pour assécher tout cela, apparemment il semble qu’il n y a pas de dégâts, affaire a suivre. On attend la prochaine accalmie pour démonter le fameux taquet et lui badigeonner les fesses au silicone. Non, Hein mais quoi alors !!!

  1040A SUR LA ROUTE DES GALAPAGOS

Jeudi 01 avril 09h00 locales Poisson, Poisson ! 4 eme jour de navigation Nombre de miles parcourus : 321 sur 850 environ
Position GPS : 03.06.66 N et 082.32.01 W
Estimation temps pour l arrivée : 4 à 8 jours
Météo : Vent variable de 7 à 12 N le plus souvent de S/SE, quelques ondées, mer belle, avons depuis ce matin 1.5 N de courant portant
Vitesse du bateau : 5.8N à 6.5N sur 1 moteur, GV et génois
Moral de l équipage : La fatigue commence a se faire sentir, nous étions plus guillerets lors de nos nuits de veille en fiesta avec nos amis des San Blas !
Nous savourons plus que jamais le confort du catamaran. Peu de roulis, une vue panoramique, bien au chaud lorsqu’il pleut, et nos équipiers qui veillent sur nous en permanence, ne dorment jamais, et que nous aimons plus que tout, Messieurs Radar Furuno et pilote automatique Raymarine.
Pêche au gros : Nous remontions les cannes pour la nuit, sous l’oeil d une magnifique pleine lune, quant, 2 énormes thons (20 kgs environ), décident soudain de se jeter sur nos poulpitos, et de nous amuser durant près d une heure et demi pour en ramener (seulement et bien heureusement) 1 seul a bord. L’autre va vite raconter à ces pots, qu’un Biquet se bat, la nuit tombée, en hurlant et sautant partout !
Anecdote du jour : Réparation de la fuite du taquet effectuée, fesses siliconées ! A 21 heures, nous avions sur notre bâbord, l’île de Malpelo, et sur la table du cockpit des filets de thon rouge pour nos repas a venir, sushi a gogo, et congélateur plein sur Voyage ! Non, Hein, elle n est pas belle la vie !

  
1040B PRISE THON ROUGE                                                                                    1040C QUELQUES MILES DE CALME SOUS SPI

Vendredi 02 avril 08h53 locales et ici aussi Vendredi Saint avec le pèlerinage de tous les nuages et les pluies du monde. 5 eme jour de navigation vers les Galapagos
Nombre de miles parcourus : 441 sur 806 environ (a présent en trace directe)
Position GPS : 01.38.75 N et 084.03.31 W
Estimation temps pour l arrivée : 3 a 5 jours
Météo : Vent Sud 15 N (et vlan dans le pif !), mer très agitée, secouez moi, secouez moi ! ondées, ciel entièrement couvert, courant neutre.
Température de l eau : 29.9 degrés
Vitesse du bateau : 6 a 7 N sous GV 1 ris et génois, moteur au repos depuis hier au soir, après 60 heures de ronronnement !
Moral de l équipage : Fatigués mais confiants pour la suite de la navigation. Nous avons, par force, changé d’option pour le cap a suivre, le vent est maintenant de face donc nous faisons cap direct vers l’une des îles des Galápagos : l île de Genova, située par 00.17.46N et 089.57.60W . Les prévisions météo semblent nous être peut être plus favorables (vent travers) pour les jours a venir.
Pêche au gros : Seules, les cannes sont au repos, avons assez de thon pour quelques jours
Anecdote du jour : Avons passe une bonne partie de la nuit a manoeuvrer, se servant des orages pour progresser à la voile et ce matin pour débuter cette belle journée nous tournons dans la pub Orangina : "Secouez moi, Secouez moi".
Non, Hein, dites moi, l’appel du large, c’est peut être cela ?

Samedi 03 avril 09h22 locales 6 eme jour de navigation
Nombre de miles parcourus : 599 miles sur 806 environ, distance parcourue depuis hier matin 153 miles, sommes environ 216 miles de
l’arrivée.
Position GPS : 00.40.26 N et 086.19.88 W encore 60 miles au Nord de l équateur, donc toujours dans l’hémisphère Nord.
Estimation temps pour l’arrivée : 2 jours
Météo : Vent SE 12 à 15 N cap au 264, mer belle, temps ultra couvert et frais, 0.2 N de courant portant
Vitesse du bateau : 6.5 N à 7 N GV 1 ris et génois
Moral de l équipage : Les nuits de veille commencent à sérieusement marquer nos frimousses, Hé oui, plus tous jeunes les Biquets. Avons un contact BLU tous les jours à 13 h 30 TU sur le 13940 avec Herve et Paulette de Léa et également avec radio Cocotier Polynésie sur le 13940 à 03H00 TU animée par Jeanne, ce qui nous permet de commencer a faire connaissance avec nos futures rencontres de Polynésie.
Pêche au gros : Des calamars sont échoués sur le pont ce matin, tapas pour midi. Pas de ligne à l’eau.
Anecdote du jour : Cette nuit, sous la magnifique pleine lune, une escadrille de fous de Bassan nous accompagnent durant près de 4 heures, ils jacassent, tournoient autour des voiles. Sympas les amis de nous escorter !
Ce matin, on le pense un peu moins, le pont est crépis de leurs empreintes !
Nous sommes bientôt sur l’équateur et comme vous le savez tous, il y fait froid. Non, non, ce n’est pas une faute de frappe, il s agit du courant de Humbold qui fait des siennes et rafraîchit l’air un maximum.
Donc voyez vous le tableau ? Pour le soir, comme prélude à l amour, se sont les bonnets et vestes de quarts qui sont de sortie, et le matin, les vestes polaires et bientôt les Damars prendront le relais !
Non, Hein, on est pas sur la bonne route ou quoi !
Ce soir au lieu d un apéritif "Planteur Biquette", nous allons passer au vin chaud !

  1041 JOURS ET NUITS SE SUCCEDENT

Lundi 05 avril 2010 10 h 35 locales
8 eme matinée et arrivée aux Galápagos sur l île de Genovesa
Nombre de miles parcourus : 852 miles soit une traversée de 7 jours et 1 heure depuis l île de San José aux Perlas
Position GPS : 00.18.75 N et 089.56.77 W position du mouillage dans la baie de Darwin, sur île de Genovesa
Vent et Météo : SE 6 N mer belle, beau soleil,
Température de l’eau : 26 degrés, température de l’air : 30
Vitesse du bateau : 80 derniers miles sous spi, vitesse 5.5 N, courant neutre,
Pêche au gros : Inutile, plein le frigo, thon à gogo, dans tous les cas, il y avait tellement de fous de Bassan sur l’eau, que nous en aurions sûrement pêche un !
Bilan de la traversée Perlas/ Galápagos : Cette navigation, réputée délicate à cause de l ‘AZIC (Zone Intertropicale de convergence, nommée aussi « Pot au Noir », par son manque de vent et orages violents), a été dans
L’ensemble agréable. Les fortes pluie, n’ont pas généré de vent fort et surtout pas d’orage.
La mer, toujours belle à peu agitée, nous a permis de vaquer à toutes les occupations du bord, à l’exception d’une journée, ou nous avons pu tourner une scène dans la pub « Orangina ». Nous avons tout de même du nous déhaler au moteur durant 2.5 jours après notre départ des Perlas sur 7 jours au total, A partir de 6N de vent le spinnaker ou le geanaker étaient de sortie.
Vu la température, nous n’avons pas eu le fameux courant portant de Humbold, il aurait fallu passer au sud de l équateur.

Les îles Galápagos

Patrimoine mondial de l'humanité, sanctuaire de mammifères marins, deuxième plus grande réserve maritime, les îles Galápagos forment un archipel mythique depuis le passage du professeur Darwin qui fut inspiré ici pour ses théories sur l'évolution des espèces. On y trouve un rassemblement unique au monde d'une multitude d'animaux très protégés et pas craintifs de l'homme. Les paysages, la faune et la flore captivent l'intérêt des plus exigeants… voici en quelques lignes le descriptif touristique de ces îles mais laissons plutôt à nos yeux la joie de les découvrir…

  1041A CARTE DES ILES GALAPAGOS

Lundi 05 avril 2010 île de Genovesa
Après 7 jours ne navigation depuis les îles Perlas, nous jetons l’ancre dans la baie de Darwin de l’île de Genovesa située au Nord Est de l’archipel. Le volcan central est maintenant une grande caldera avec un lac de cratère en son cœur. Darwin Bay, immense caldera effondrée, est envahie par la mer avec une profondeur de 180 mètres au centre. Elle est inhabitée et entourée de falaises de plus de 20 mètres de haut. Une large passe nous permet de pénétrer sans problème dans la baie. Nous trouvons un mouillage protégé du vent et de la houle sous 10 mètres d’eau, par 00.18.74N et 089.56.78W. Seul soucis, le fond est garni de roches, espérons que l’ancre ne s’y bloque pas !

  
1042 APRES 7 JOURS DE MER GENOVESA LE MOUILLAGE                                             1043 GENOVESA LA FAUNE

  
1044 GENOVESA LES FALAISES                                                                1044A GENOVESA LA FAUNE

Nous nous imprégnions peu à peu du décors. Posée sur de hautes falaises de roches noires volcaniques, la végétation est plutôt aride, Nous apercevons aux pieds des buissons de gros ballons rouges ! Les lentilles de nos jumelles nous ferons découvrir deux des nombreuses espèces d’oiseaux qui peuplent cette île : des grandes frégates males à gorges rouge et des fous à pattes rouge. Ces deux espèces ne semblent d’ailleurs pas faire bon ménage. Les uns cherchant a voler le nid des autres.

Quatre gros yachts de charter à moteur sont déjà en rade. Nous observons durant quelques heures l’agitation dans la baie. Ils débarquent à tour de rôle, sur la plage, à l’aide de grosses annexes motorisées des groupes de touristes sur la plage. D’autres, équipés de masques, palmes et tubas partent en palanquée nager avec les otaries. Ils sont accompagnes systématiquement d’un guide du Parc National, vêtu d’uniforme et casquette. L’un deux, très courtois, vient nous indiquer qu’en vertu du règlement Equatorien applicable au parc national de l’archipel des Galápagos, il est interdit de mouiller ici et théoriquement permis de faire escale uniquement dans l’un des ports d’entrées a savoir : San Christobal, Santa Cruz ou Isabella. Il faudra laisser son bateau au mouillage du port d'entrée (pas de concurrence déloyale pour les bateaux de touristes) et s'inscrire auprès d'un tour-opérateur pour accéder aux autres îles... Nous lui expliquons que nous souhaitons juste nous reposer un peu de notre traversée, et que nous irons ensuite faire nos formalités à Santa Cruz. Il en convient, et nous explique qu’il peut y avoir une tolérance pour se reposer. Nous avons interdiction de débarquer à terre, mais pouvons nous baigner et observer sans déranger la faune, depuis la mer. Nous n’en demandons pas plus, et respecterons scrupuleusement les consignes. Nous partons donc en exploration avec l’annexe et longeons les abords des falaises. De nombreuses mouettes à queues d’arondes, des fous masqués, des Pétrels, et des Sterns, nichent dans les interstices de la roches faisant leurs nids de graviers volcaniques mélangés à des morceaux de corail blanc. Des iguanes marins, noirs comme la roche, profitent du ressac des vagues, pour se hisser hors de l eau.

  
1044B IGUANE MARIN                                                                                                 1045 OTARIE LA SIESTE

De grosses tortues d’eau nagent en surface à quelques mètres de l’annexe. Les otaries se dorent au soleil sur la roche. Elles ouvrent quelquefois un œil a notre passage, mais rien ne semble les perturber, on pourrait même penser qu’elles posent pour être photographiées.

  
1046 TORTUE                                                                                                         1047 GENOVESA OTARIE

  
1047A GENOVESA LE MOUILLAGE                                                              1047B GENOVESA OTARIE BRONZAGE

Mais remontons un peu le temps pour situer ces îles…

Au 16ème siècle, Fray Thomas de Berlanga, évêque de Panama, est envoyé par le roi Charles Quint pour inspecter le Pérou. Parti de Panama, après sept jours de navigation sa caravelle se retrouve sans vent six jours durant. Poussé par le courant sud équatorial, il dérive sur 800 km en plein Pacifique, et découvre l’archipel le 10 mars 1535. A son retour, Fray Thomas narre sa découverte à l’empereur, lui décrivant les tortues géantes, les iguanes et l’absence de peur chez les oiseaux.
Au 17ème siècle, l’archipel est utilisé comme base par les pirates français, anglais et hollandais, qui pillent les galions espagnols chargés d’or. Les bateaux venant des ports côtiers du continent, s’y ravitaillent en eau, en bois, et en tortues géantes pour leur viande. Entre 1780 et 1860, les Galápagos sont fréquentées par les baleiniers anglais et américains, qui massacrent des dizaines de milliers d’otaries à fourrure.
C’est au 19ème siècle que les premiers habitants s’installent sur ces îles. En 1832, la République de l’Equateur prend officiellement possession de l’archipel, et les noms anglais des îles disparaissent au profit de noms espagnols.
En 1934, certaines îles sont déclarées réserve ou parc national. Puis en 1959 le gouvernement décrète l’archipel entier, à l’exception des aires colonisées par l’homme, Parc National. Ce dernier est classé Patrimoine de l’Humanité par l’Unesco en 1978.

                                   
1048 EN ROUTE POUR SAN BARTHOLOME PASSAGE HEMISPHERE SUD             1048A SAN BARTHOLOME DETAIL

Jeudi 08 avril 2010, l’île de San Bartholomé
Après l’arrivée de nos amis de Lazarina, nous poursuivons ensemble vers
l’ouest de l archipel et rejoignons en une belle journée de navigation, l ‘île de San Bartholomé, située à 50 miles de Genovesa. Nous découvrons le merveilleux mouillage juste au pied de la majestueuse aiguille volcanique ambrée nommée Pinnacle rock.
Nous jetons l’ancre par 00.17.02S et 090.33.49W.

  
1048B SAN BARTHOLOME MOUILLAGE                                                                     1049A PINNACLE ROCK DEVANT LE MOUILLAGE

  
1049B SAN BARTHOLOME COULEE DE LAVE                1049C SAN BARTHOLOME PLAGE DE LAVE

Quelques bouées de mouillages sont mise à la disposition des nombreux yachts à moteur, qui, ici aussi, sont sur zone pour les touristes. Le soleil couchant étale comme le fait un couteau sur la toile, des reflets ambrés et dorés sur les roches volcaniques rendant le paysage enchanteur et surréaliste. La seule trace de végétation couvrant les flancs du volcan semble être de petites touffes d’herbe verte ou rouge et d énormes cactus géants en forme d’arbres. Les otaries vautrées sur les plaques de roches
s ‘enivrent des derniers rayons de soleil. Sur les rochers noirs affleurants, des taches blanches se détachent. Les pâtes au ras de l’eau de minuscules pingouins se dandinent gentiment.

  
1049D SAN BARTHOLOME DECORS                                                                                      1049E LA FLORE DE CACTUS

  
1049F LES CRABES ROUGES                                                                                     1049G LE PINGOUIN

  1049H CAUSERIE SUR LES ROCHES

Nous profitons de la beauté du site et du coucher de soleil en sirotant sur le trampoline un superbe planteur. Soudain, un bruit sourd retenti à l arrière du bateau ! Trop tard, une énorme otarie a trouvé refuge sur la jupe arrière. Elle poursuit son ascension jusqu’a la dernière marche, nous hurlons à la fois surpris, contents et inquiets. Non, elle ne va pas tout de même entrer dans le cockpit ! Elle râle un peu, pour nous montrer son mécontentement, puis sûrement déçue, redescend aussi facilement et plonge délicatement sous nos yeux.

  
1049I OTARIE VISITE A BORD                                                                                    1050 OTARIE SCEANCE BRONZAGE

Au matin, le site est grandiose, seuls les énormes annexes motorisées des bateaux de promenade perturbent la quiétude du lieu. Elles sillonnent la baie à toute allure pour déposer les hordes de touristes qui s élancent appareils photos au poing pour l’ascension du volcan. Le Parc national a installé un escalier de bois pour accéder jusqu’au sommet afin de mettre fin à l érosion hâtive du sentier originel qui se creusait et s élargissait à mesure du passage journalier des centaines de touristes.
Nous passons deux journées a observer et découvrir les fonds sous marins de l’île. Des colonies de Dauphins communs s’ébattent parfois autour des bateaux . De grandes failles ornent les fonds avec quelques poissons exotiques, les otaries curieuses et joueuses viennent nager avec nous, les manchots évoluent sous l’eau comme de véritables torpilles.

  
1050A VISITE DES DAUPHINS                                                                                       1050B TOUS PRES

1050C LE MOUILLAGE DEVANT PINNACLE ROCK AU COUCHER DE SOLEIL

Samedi 10 Avril 2010 Retour à la civilisation avec l’île de Santa Cruz, capitale touristique des Galápagos et ces 20000 habitants.

   
1051 EN ROUTE DE SAN BARTHOLOME A SANTA CRUZ                            1051A ESCORTE DE DAUPHINS BALLET AQUATIQUE

Le large canal séparant l’île de Santiago et Baltra nous invite à la pêche . Quelques minutes suffisent pour faire monter l’adrénaline des Biquets. Le moulinet chante et déroule à toute vitesse ses 300 mètres de crin. Réduisant au plus vite la marche du navire, Philippe tente de ramener la bête. Horreur un requin de plus de 2 mètres se débat violemment à l’arrière !

    
1052 PRISE INVOLONTAIRE DU REQUIN   1053 IL FAUT LE RELACHER

Nous ne pouvons pas le laisser mourir avec cet énorme hameçon double et ce rapala plastique dans la gueule. Mais impossible de lui faire lâcher prise, une opération chirurgicale s’impose alors sur la jupe arrière.

A l’aide de la gaffe nous tentons de lui faire ouvrir la gueule, et d’en extraire le tout. Séquence émotion sur Voyage, photo à l’appuis, nous parviendrons après plus de 10 minutes a relâcher la bête.

  
1054 SANTA CRUZ BAYA ACADEMY                                1055 SANTA CRUZ PUERTO AROYA LE MOUILLAGE

Puis nous entamons une longue remontée au moteur sous le vent de l’île afin de s assurer une arrivée de jour dans le port de Puerto Ayora. Impressionnés par les énormes rouleaux de la houle qui déferle sur les récifs de bâbord situés à quelques encablures de l entrée, nous redoublons de prudence. De nombreux voiliers et bateaux de promenade sont mouillés face à la mer et tentent désespérément de s abriter dans cette Academy Bay, tout de même citée comme Port !

  1056 BIENVENUDO A SANTA CRUZ

La longue houle de SW soulève les étraves. Nous mouillons par 6 mètres d eau par 00.44.79S et 090.18.49W et ajoutons une ancre à l arrière afin de bien rester face à la houle. Le débarquement à terre est grandement facilité par les barques Water Taxi qui sillonnent la baie tout au long de la journée. Nous parvenons a nous faire livrer du gasoil par l’une d’elle, mais la re-négociation du prix (qui a doublé) après livraison est ardue !

Ici, les formalités sont effectuées entre autre, par l agent et éternel absent « Johnny » pour la somme de 190 USD pour 20 jours d’escale. Il est strictement interdit de déplacer son bateau vers les autres îles. Pour visiter les îles avoisinantes, un tour-opérateur doit vous y conduire. Le droit d accès de 100 USD par personne pour le parc national ne semble être réclamé que si l’on souhaite visiter les autres îles en bateau promenade. Il ne faut tout de même pas oublier que nous sommes en Amérique du sud, tout y est folklorique, le système D est de rigueur, il faut garder toujours le sourire et s’adapter au mieux à leur façon de penser et de faire.

Bref des contraintes pas très simples, des autorités pas très cool, et une invasion de touristes qui foulent chaque jour ce parc national, ces terres du bout du monde.
Une fois les pieds bien posés sur la terre ferme, nous découvrons cette petite ville fort sympathique. Un supermarché bien achalandé tout proche du quai de débarquement nous permet de refaire toutes nos provisions de frais. Le spectacle est permanent au marché au poisson ou otaries et pélicans viennent quémander chaque jour leur nourriture .

  
1056A SANTA CRUZ LE MARCHE AUX POISSONS                                       1057 SANTA CRUZ RESTO DES OTARIES

Le sol de l’île étant fertile, les villages de Bellavista et de Santa Rosa furent fondés. De nombreuses plantes exotiques introduites comme la canne à sucre, le café, l’ananas, le papayer, mais aussi bananiers, avocatiers, orangers, citronniers. Le magnifique marché du samedi matin regorge de fruits et de légumes. De nombreux petits restaurants locaux savourent nos papilles et pour digérer et perdre les calories englouties, nous dansons comme des fous (pas à pattes bleues) à la discoteca locale.
Le remplissage des bouteilles de gaz, les banques, les nombreuses quincailleries, les cybers café, facilitent grandement la vie à l escale.
De nombreuses otaries s'ébattent dans la baie. Elles affectionnent plus particulièrement la plage arrière des barques de pêcheurs peut être pour l'odeur ou parce qu'il est plus facile de se remettre à l'eau de temps en temps pour se rafraîchir un peu.

A la sortie du village, nous découvrons le Centre de Recherche Charles Darwin. Entièrement dédie à la recherche scientifique sur l'évolution biologique, la génétique, la géologie, la climatologie, la préservation et à la gestion du parc national ainsi que de la réserve marine des Galápagos. De nombreux halls d’expositions nous renseignent sur les diversités de la flore et la faune de l’archipel . Nous parvenons après une petite marche sur un sentier ombragé ou végétation d’arbustes, de cactus et de palétuviers rouges se partagent le décors vers le centre d élevage de petites tortues.

  
1058 SANTA CRUZ DARWIN TORTUE 1                                                                                       1059 SANTA CRUZ DARWIN TORTUE

  
1060 SANTA CRUZ CENTRE DARWIN                                                                                   1061 SANTA CRUZ TORTUE GEANTE

Nous surplombons, sur des passerelles panoramiques, les parcs, puis dans un univers semblant presque en semi liberté, les tortues géantes. Elles semblent déjà avoir bien vécues et paraissent fatiguées. Mais, lorsque elles se réveillent, elles dressent la tête en haut de leurs longs cous et parviennent ainsi, comme le font les girafes, a aller mordre les hautes feuilles des arbustes. Les iguanes terrestres à peaux orangées se prélassent au soleil.

  
1062 SANTA CRUZ IGUANE REPOS                                                                                       1063 SANTA CRUZ IGUANE

De nombreuses ballades à terre s offrent à nous sur cette île, telles que Tortuga bay, les Tunnels de laves tubes, Media luna depuis le village de Bellavista et son ancien cratère en demi lune couvert de buisson goyaves, l ascension du mont Crocker à 864 m, point culminant de l île, couvert de sa foret de Scalesias (sorte de végétation d’un autre monde, en forme de filaments).

Dimanche 20 avriL 2010 le mouillage devient de plus en plus inconfortable avec une longue houle qui pénètre sans aucune retenue dans la baie, l’ancre a l ‘arrière nous permet tant bien que mal, a rester face a la vague. Les débarquements deviennent acrobatiques, il est grand tant de s’éloigner de ce piège. Lazarina, avec Béatrice et Stéphane prennent directement le cap du grand large afin de prendre un peu d avance.

1064 EN ROUTE POUR ISABELLA

Nous dirigeons les étraves de Voyage vers la dernière île. Voici la plus grande de l’archipel avec une population d’environ 800 personnes mais aussi la moins habitée des Galápagos, l’île d Isabella et son Puerto Villamil.

  
1065 CARTE ILE D’ISABELLA                                                                                     1066 ISABELLA PUERTO VILLAMIL

Un chenal balisé nous mène sans problème vers le mouillage de la baie. Nous ancrons Voyage par 00.57.89S/090.57.73W. Le mouillage est bien plus calme que celui de Santa Cruz. D ailleurs mesdames les otaries l’ont bien compris. Elles montent allégrement se vautrer sur les jupes arrières de Voyage. Nous sommes obligés d’y poser tous nos pares battages, afin de rendre la montée impraticable. Il y en a même une qui nous regardait cette nuit à travers le hublot de notre cabine, vautrée sur le pont .... voyeuse va !
Ici l’eau est laiteuse et n’incite pas à la baignade, mais tout le monde ne partage pas notre point de vue et les petits manchots et les otaries filent comme des torpilles sous Voyage. Du mouillage l’on distingue les premières maisons du village . Une forte impression de bled perdu qui ne nous invite pas à la visite.

  
1067 ISABELLA LES PINGOUINS                                                                                    1068 HEUREUX

Nous faisons la connaissance des bateaux Maloya, Archibal et Mariposa avec qui nous ferons route de concert pour l étape la plus longue d’un tour du monde : La trans-Pacifique vers les îles Marquises .

Embarquez avec nous pour 18 jours de traversée, en lisant la suite de nos aventures dans la gazette : numéro 24 TRANS-PACIFIQUE

   
1069 EN ROUTE POUR LE PACIFIQUE                                                                1070 NOTRE ROUTE DE 18 JOURS DE TRAVERSEE PACIFIQUE

  1071 A SUIVRE SUR LA GAZETTE NUMERO 24

LE MOT DE LA FIN
Nous tenons a remercier :
- Nos familles et nos amis de bateaux, qui nous ont encourages et aides a préparer la suite de notre voyage
-Tous ceux qui nous ont soutenus tout au long de cette traversée par des e mails réconfortants et chaleureux
- Nos lecteurs qui sont de plus en plus nombreux a nous encourager par leurs messages, les revues Voiles Magazine, Voiles et Voiliers et Multicoques qui publient les extraits de nos récits de voyage,
Sans oublier, Yves et Jean Pierre qui mettent a jour notre site et Maman Biquette qui contribue á la réussite de notre grand Voyage.
Un grand merci a vous tous, et Merci la Vie !

Pascale et Philippe ou « les Biquets en Voyage »


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