La Gazette des Biquets N° 2

MADÈRE, CANARIES, CAP VERT


Nous quittons l'île de Porto-Santo le lundi 8 septembre pour rejoindre la perle des Portugais : l'île de Madère. La côte nord-est nous invite au mouillage pour la nuit et une petite tortue barbotte autour de VOYAGE.

Nous sommes fort impressionnés par la montagne qui surplombe Funchal. Elle est complètement tapissée de maisons alors qu'elle était presque vierge lors de notre précédent passage en 92.

Nous débutons notre visite de l'île par le marché aux fruits et aux poissons qui est un régal pour les yeux : les couleurs et l'ambiance typique sont au rendez-vous.

<--Le marché de Funchal

Marie-Blanche et Jean-Luc (nos équipiers Gibraltar-Madère) nous quittent pour un retour sur Toulouse le 12 septembre. Nous attendons tranquillement notre nouvelle équipière Domi qui a choisi de nous accompagner jusqu'aux Canaries. Dès son arrivée, expédition en bus pour une fête locale à Caniçal, petit village de pêcheurs qui commémore leur vierge en une procession religieuse avec des bateaux de pêche pavoisés pour l'occasion. Mais surprise, le plus typique reste les stands de viande de bœuf crue qui sont débités sous forme de brochettes. Elles sont grillées sur place et "consommation immédiate" pour le plus grand plaisir de Biquet !

Le reste du séjour est consacré à de longues ballades à pieds le long des Levadas. En fait, il s'agit de rigoles construites par l'homme pour irriguer les terres cultivées en espaliers "poisos" terme portugais associé. Madère c'est aussi de splendides jardins de fleurs, d'hibiscus, bougainvilliers, oiseaux du Paradis, Agaponthes.

Un vrai régal pour les yeux ! Mais attention, le béton gagne du terrain ici aussi ! Grâce à l'Europe, un aéroport international est en cours de construction et 25.000 lits supplémentaires seront disponibles pour accueillir les futurs touristes. Fini la tranquillité et la beauté sauvages des terres vierges ! ! !

L'escale à Madère s'achève après avoir arpenté l'île en tout sens.

Nous poursuivons notre route avec un autre bateau "CHENREZIC"(équipage de 4 personnes : 1 couple et 2 adorables bambins de 7 ans et 3 ans et demi, partis pour toujours). Lui est retraité militaire (à 40 ans !), elle, infirmière libérale. VOYAGE et CHENREZIC deviennent inséparables.

Domi est investie dans le rôle de nounou et accessoirement reprend la casquette de bricoleur de service en tout genre. Elle dépanne sur le bateau voisin les pilotes automatiques, les G.P.S, (rassurez-vous, aucune panne sur VOYAGE n'est à signaler à ce jour). Dur, dur les vacances ! Faut pas croire, mais la vie sur un bateau, c'est du labeur !

Pour vous faire vivre au travers de ces quelques lignes ce que peut être la vie sur l'eau, installez-vous confortablement dans votre fauteuil et laissez-vous conter une histoire.

Il était une fois un petit mousse baptisé Domi qui, éprise de liberté et d'aventures en tout genre, s'embarqua un jour sur un bateau nommé VOYAGE….. Tout un programme… ! Le fier esquif taille sa route sans faillir vers de nouveaux horizons. Bye, bye, Madère …. !

VOYAGE met le cap sur de nouvelles terres vierges et désertiques, toutes aussi dépeuplées de tout type de vie (dommage, car Biquet avait appris à poser des collets ! ! !) mais aucun animal "à longues oreilles", phoques moines, oiseaux migrateurs ne seront au rendez-vous de notre escale sur les îles DESERTAS et SALVAGES.

Il faut quand même préciser que ces deux îles constituent une réserve naturelle protégée, hautement gardée ! Défense de débarquer sans autorisation ! Malheureusement, nous avons eu beau sillonner ces terres en tous sens, pas l'ombre d'une vie à protéger, à l'exception de quelques bruyères et de cactus rabougris ! ! !A recommander expressément aux fanes de solitude (bravo au couple de gardiens postés en faction et relevés tous les 15 jours ! ! !) et aux inconditionnels de terres sauvages. Grand contraste avec la civilisation de Funchal !

Mais le plus dur restera les mouillages très rouleurs sur ces 2 îles. Domi ne ferme plus l'œil, à l'affût de tous les bruits (le clapot, le vent dans les drisses, l'éolienne en furie) et la cavalcade dans la cabine avant ! car, avec son poids plume, elle roule de bâbord à tribord, au gré de la houle.

Après une traversée de 1 jour et 1 nuit, (en partant des Salvages) sans histoires, le vent presque absent et une mer dans le jargon des marins "peu agitée", une daurade coryphène pour le repas du soir. Nous ancrons VOYAGE dans la baie de l'île de Graciosa (première île des Canaries). Hé, bien oui, c'est le mouillage dont tous les marins rêvent : le sable blanc, eau turquoise, et surtout la quiétude du lieu (plus de vent, plus de houle !). En prime revoilà tous les bateaux français rencontrés quelques jours plus tôt à Porto Santo et à Madère. On organise le soir même un immense barbecue avec l'espadon de 2,50 mètres, l'énorme prise du bateau CHENREZIC durant la traversée.

Le bonheur des retrouvailles se lit sur tous les visages, les récits, le vent et les prises de pêche résonnent dans toute la baie. Un véritable balai d'annexes à moteur commence, rythmé par les bonjours chaleureux de toute la flottille. Et, croyez-moi, VOYAGE n'est pas tout seul ; au total, je compte plus de 20 bateaux dont la moitié ….. français . Le plus jeune des équipiers a 3 ans et demi, le plus âgé a 65 ans !

Pas d'erreur, les mauvais moments sont bien vite oubliés et remplacés par les préparatifs du barbecue et la découverte de ce nouvel îlot.

Quelques maisons de pêcheurs, frileusement serrées les unes contre les autres, toutes pimpantes, blanches et bleues, sont blotties au fond de la rade qui fait office de petit port. L'architecture locale a des parfums arabes ou maures (mais oui l'Afrique n'est pas loin !). Escale de 2 jours à Graciosa et nous mettons le cap sur l'île de Lanzarote et son port de pêche de Naos. Cette fois une surprise de taille nous attend en arrivant à 1 mile du port. La canne à pêche s'agite et 100 mètres de crin partent à l'eau. Mais non, il ne s'agit pas d'un vulgaire plastique comme le pense un moment le capitaine, mais d'un magnifique thon de 60 kg qui a mordu à l'appât. Merci la mer ! Une véritable épreuve de force s'engage entre l'homme et le poisson ! Opération vidage, nettoyage, découpage à la scie (s'il vous plaît). Tout le monde s'affaire sur VOYAGE et voilà le résultat : conserves de thon, tranches à la salaison, thon mariné au citron et thon poêlé ! On ne manque pas d'imagination et surtout pas de thon ! En prime, nous régalons tous les copains. Appel général à la V.H.F et distribution à la cantonade.

Nous débutons notre balade sur l'île de Lanzarote avec une nouvelle aventure, terrestre cette fois : expédition en vélo pour 2 jours avec tout l'attirail, tente, duvets, gamelles et réchaud ! Après un périple de 40 km dans un paysage aride, où la végétation est pratiquement inexistante, nous plantons la tente sur une plage de sable volcanique. Feu de camp et soirée harmonica par la Biquette. Ici, tout est désert, les jardins à l'anglaise ont fait place aux cendres. TOUT EST NOIR ! Et les maisons blanches offrent un contraste saisissant. Retour par l'intérieur des terres et découverte des vignobles plantés dans la cendre, encerclés par des petits murets de pierres pour les protéger du vent et conserver un peu l'humidité de la nuit. Dernier jour, pour reposer les mollets, expédition en voiture dans le parc national de Timanfaya où sommeille la Montana Del Fuego. Voilà que s'achève l'histoire du petit mousse devenu "grand marin". Dominique rejoint la France le 12 octobre. La petite frimousse disparaît bien vite dans le long couloir du hall d'embarquement. Heureusement, l'équipage du bateau CHENREZIC est là. La séparation demeure plus facile.

Nous poursuivons vers l'île de Fuerteventura. Là, des langues de sable se découvrent à marée basse, formant de petits lacs d'eau salée. D'immenses dunes de sable s'étirent sur la côte où quelques complexes hôteliers perturbent la continuité.

Nous sommes très impressionnés par la hauteur de marnage qu'il y a aux Canaries : environ 2,50 m à 3 mètres. Il faut se méfier lorsque l'on débarque dans un port. Elle se retrouve 3 mètres plus bas à votre retour ! Biquet se régale à jouer les Rambos en escaladant les cordages.

L'étrave glisse vers l'île de Gran Canaria et la ville de Las Palmas. Le vent monte gentiment ! Nous prenons 1 ris, puis 2, puis 3 !! Le vent redouble de puissance ! VOYAGE taille son chemin sans broncher, la capote nous protège du vent et des embruns. Biquette se régale à barrer. Hé, oui !

35 nœuds, 38, 40, 42, 43... Nous filons à 8 nœuds au près ! L'éolienne en furie fait un bruit d'avion qui décolle, puis tout d'un coup, plus rien !

- Biquette, tu as éteint l'éolienne ?

- Non, pourquoi ?

- Elle ne tourne plus. Elle a rendu l'âme ! ! !

Le régulateur incorporé a rendu son dernier service, il a flambé !

Nous voilà bien avancés ! Nous arpentons toutes les rues de Las Palmas dans la pollution et la chaleur de cette plaque tournante des Canaries. Pas moyen de trouver un réparateur qui accepte de l'ouvrir, de faire marcher la garantie avec les États-Unis, car elle est neuve ! ! !

Les Biquets vont à 100 à l'heure, pas une minute à perdre, il faut remplacer l'éolienne avant de traverser sur le Cap Vert . Ils courent, ils virent, ils râlent, personne ne peut se procurer celle que nous voulons acheter !

Dernière solution : Domi, hé oui ! toujours notre petite Domi ! Il faut qu'elle trouve au plus vite (bien sûr …) la superbe éolienne pour les Biquets !

Là, la machine Domingo se met en marche, plus rien ne l'arrête ! Jeudi 23 octobre l'éolienne est commandée, chez les anglais !

Le lendemain, nouvelle embûche, le support de l'ancienne ne conviendra pas, le diamètre d'encastrement n'est pas le même. Et, vlan ! nous voilà repartis dans les quincailleries, les métallurgies pour trouver un bout d'aluminium. Puis, il faut trouver un tourneur ! Le seul atelier qui accepte de travailler est à 25 km et il propose un délai de 10 à 15 jours ! ! ! Nous finirons notre course dans l'atelier d'un cargo polonais. Croquis à l'appui, la pièce d'aluminium est observée ainsi que la tête de chien battu du Biquet ! A 21 heures la pièce est usinée. Nous retraversons le port de commerce, mais cette fois de nuit. Le moteur Yamaha 2 CV redouble de vitesse à la vue des énormes cargos qui sillonnent le chenal du port. Nous récupérons le colis 10 jours après, sans aucun problème, et éolienne à bord, nous parcourons la notice de montage. Ouf, tout en anglais ! Nous sortons le dictionnaire et, d'un calme surprenant, très sereins, les Biquets terminent le montage de la bête à 22 heures. Et elle marche ! les ampères défilent sur l'ampèremètre, pas un bruit une merveille ! Les copains de bateau nous prennent pour des pro ! S'ils savaient le nombre d'heures que nous avons passé dans les fils électriques ! Hein, Aimé, Jean-Luc, Denis, Martine et tous les autres….

Mercredi 5 novembre : vent de sud-ouest, pas terrible pour des alizés ! ! ! Cap au sud : les îles du Cap Vert. Bisous à tous , VOYAGE quitte les Canaries sous les Tut-Tut des cornes de brumes.

Les deux premiers jours sont toujours aussi pénibles : la houle, le vent et un G.P.S qui annonce 765 milles à faire. Nous sommes en contact B.L.U avec Jean-Pierre, Jacky et Mathias de France ; c'est super de pouvoir parler, se remonter le moral en pleine mer.

Le vent de sud-ouest nous pousse vers les côtes du Maroc... Pas tout à fait le bon cap ! Les Biquets vont manger un couscous ou quoi ? ? ? ……

Le troisième jour, le vent de nord-est se lève, nous tangonnons notre génois, affalons la grand voile et c'est gagné ! VOYAGE redresse doucement son cap. Nous passons de la table à carte à la couchette du carré, ponctués par le hurlement du buzzeur du radar qui hurle dès qu'un cargo pointe son nez dans un rayon de 16 km. A l'aube du quatrième jour, contact B.L.U avec le bateau KUKUS. Les Biquets sont piqués au vif ! Marie-Claude, 58 ans, vient de m'annoncer sa position, ils sont devant nous ! En plus, elle prépare une crème anglaise et une daurade coryphène au four pour midi. Les Biquets sommeillent sur leurs oreillers, la flemme de pêcher et un sachet de pâtes déshydratées au menu ! ! ! Debout les gars, réveillez-vous, il va falloir en mettre un coup !

Arrêt du pilote automatique, il faut prendre les choses en main ! Le loch frise les 8 à10 nœuds, Biquette ne sait pas faire la crème anglaise, elle s'attaque à un riz au lait. 168 milles de fait dans la journée ! Une daurade accompagne le repas du soir. Na ! !

A l'heure du dîner, Biquette est violemment agressée par un poisson volant qui, de tout son élan, traverse le cockpit, juste le temps de hurler et surtout de baisser la tête. La bête vient s'éclater sous la capote ! Par rage, il finira dans la poêle ! non mais alors !

L'arrivée dans la baie de Palmerias sur l'île de Sal est laborieuse : nuit noire, pas de feu, la lampe torche nous guide sur le mouillage. Ouf ! nous y sommes !Viva El Cabo Verde ! Voyage se repose après 780 milles, 5 jours et 10 heures de navigation. Aucune casse à déplorer et des ampères à gogo pour discuter à la radio.

Mardi 11 octobre, tout est prêt pour accueillir notre nouvel équipier, Bruno. Il est fort sympathique et en congé pour convenance personnelle pour 2 ans lui aussi.

BON DIA SENIORS, BIEN VENIDO IN CABO VERDE. TESMOS EL TESMO DEUS, TEMOS PARTILHAR EL MESMO TERRA. (Bonjour à tous, bienvenue au Cap Vert. Nous avons le même Dieu, nous partageons la même terre.)

L'archipel du Cap Vert nous accueille par ces mots. Nous allons faire nos formalités d'entrée, la police de l'aéroport ne possède toujours pas de carbone, par contre les stylos sont présents sur le bureau. Quelques gri-gris sur une feuille de papier où le douanier s'applique à tirer des traits pour écrire droit ! Un gros coup de tampon sur le passeport, c'est tout bon !

A notre retour, nous pénétrons dans les échoppes d'épicerie au village d'Espargos. C'est extraordinaire, 5 années se sont écoulées et le pain, le lait, les yaourts sont présents ici au bout du monde.

Nous rencontrons des éleveurs de cochons ; un petit cochon à la braise effleure l'esprit de Biquet ! Mais il faut le tuer, le vider, le découper. Et les poils, que faut-il faire pour enlever tous les poils ? ! ! !

Nous retrouvons les salines et le sable blanc que Bruno mitraille de photos.

Cap sur Boa Vista, les lignes sont à l'eau quand, tout à coup, une énorme prise mord à l'appât. Bruno découvre les joies de la pêche "au gros" mais entre le moulinet et l'appareil photo, il faut choisir ! La bête s'échappe avec l'appât, le crin et le fil d'acier. La baie de Sal Rei encerclée de dunes de sable blanc qui plongent dans une eau turquoise, nous accueille au mouillage.

Là, nous rencontrons Evora, cap verdienne de souche, qui nous invite à partager le "Cachoupa" plat national composé d'haricots blancs, de mais, de légumes, de poissons, de viandes, le tout mijoté durant 4 heures. Repas absolument excellent. Nous organisons une partie de pêche avec les autres voiliers dans la baie. Nous disposons le filet à la tombée de la nuit et au petit matin, horreur ! 6 petits requins et 1 énorme sont pris dans les mailles. Le gros arrive à s'échapper, les quatre autres finiront au court-bouillon, à l'armoricaine, à la catalane. Par contre, la trouille dans la baie, plus personne n'ose se baigner.

Nous poursuivons vers l'île de Santiago, rencontrons José, cubain, ingénieur de travaux publics. Il est chargé de construire les châteaux d'eau, des canalisations pour irriguer les terres. Dure besogne, car il faut d'abord trouver l'eau ! Nous sommes un peu déçus par cette île car la mentalité des habitants a changé. La tranquillité a fait place aux touristes et aux escudos.

Bruno annule son billet avion retour Santiago-Dakar. Il veut poursuivre avec nous et connaître une longue traversée.

Nous parvenons sur l'île de Maio , île délaissée par les navigateurs car située beaucoup trop "est" pour une route sur les Antilles.

Dans le petit port abri de l'île, d'énormes rouleaux déferlent sur la plage. Les débarquements ne vont pas être tristes ! Cette région est ravitaillée 1 fois par semaine par un bateau et 2 fois par semaine un "coucou" fait la navette Santiago-Maio pour déposer 2 à 3 touristes. Le dernier bateau enregistré ici il y a un mois, leur a laissé un très bon souvenir, alors nous sommes très bien accueillis.

La nuit tombe très vite, dès 6 heures il fait nuit noire et encore 25° ! Nous tentons de rentrer au bateau en annexe, mais l'histoire se complique lorsque, afin de les protéger de l'eau de mer, Bruno enlève ses appareils pour les oreilles (il a des problèmes d'audition). Donc il ne nous entend plus ! De plus, il a aussi un problème de rétine et n'y voit rien la nuit ! nous envisageons un embarquement immédiat après la troisième vague. Mais Bruno ne nous entend plus et ne nous voit plus ! Il s'accroche à l'arrière de l'annexe. Nous hurlons le "hop" et sautons tous les trois dans la frêle embarcation. Trop tard, un énorme rouleau d'écume blanche s'abat sur le dinghy et nous nous retrouvons tous les 3 sous l'annexe, Bruno cherchant désespérément la sortie vers la plage comme une tortue qui rampe pour aller pondre ! ! ! Il manque une rame, elle me percute le pied dans le remous. Biquet plaque violemment un poisson à terre ; mais non, ce n'est pas un poisson, ce sont ses lunettes de soleil ! ! ! Nous comptons le train de vagues, et départ en courant à fond la caisse ! Soudain, voyant une énorme vague vicieuse arriver, nous stoppons subitement la course. Bruno percute de plein fouet l'annexe et vient s'abattre de tout son long sur le pneumatique ….Le troisième essai sera le bon ; de retour sur VOYAGE, nous commentons l'épopée à grands éclats de rire.

Nous visitons le sud de l'île et ses petits villages. Il semble que les écoles soient moins démunies qu'en 92. Les écoliers ont eu un goûter "semoule, lait" afin de nourrir tous ceux qui n'ont rien pour le repas du soir. Ce sont de beaux enfants noirs avec des tresses dans les cheveux et de magnifiques dents blanches qui laissent apparaître de larges sourires. Nous finissons la soirée avec Christina et Louis, portugais en mission ici pour organiser un centre culturel afin de promouvoir la lecture, la découverte des jeux de société, du monde extérieur.

Ils sont en train de construire un quai de débarquement des marchandises. Aujourd'hui ce sont les barques de pêche sur la plage (dans les rouleaux !) qui assurent ce travail !

 

Ambiance typique dans la "discoteca" du village : nuit noire et musique biguine à fond ! Bruno "débranche" car avec l'ampli, il va péter les plombs !

Le lendemain, le Padre Juan célèbre la messe et nous présente à tous ses fidèles. Cérémonie très émouvante, traduite en français, s'il vous plaît ! Encore une leçon d'hospitalité de ce peuple extraordinaire.

Il faut poursuivre notre route, et mettre le cap sur Dakar. La navigation est dure, courants et vents de nord-est sont contraires à notre route. Nous barrons jour et nuit pour gagner en cap. La fatigue se fait sentir au troisième jour. Les nuits sont longues et les paquets de mer rentrent dans les ouvertures des cirés ! ! ! Nous décidons alors de virer de bord et de monter plein nord pour regagner notre route initiale. En 12 heures, nous progressons de 12 milles vers Dakar ! Le moral ne bat pas son plein ! Samedi matin nous rattrapons notre cap direct. Nous arrivons dimanche matin à 1 heure 30 dans la chaleur moite de la nuit. La baie de Dakar nous invite à un repos bien mérité. 476 milles, 4 jours et 8 heures de navigation !

Je vais cesser là mon bavardage car je ne peux plus tenir le stylo. Je vous donne rendez-vous en mars avec une nouvelle gazette spéciale transat SENEGAL-BRESIL et CARNAVAL à BAHIA.

Je voudrais remercier tous ceux qui ont pris quelques heures sur leurs emplois du temps pour nous répondre, à savoir : MAMIE PROME , les anglais "REVELATION", PASCAL, HENRI, CLEMENT, ANNE et THOMAINFOR, CHOUCHOU, ANNE PROME, la famille JOSSE, MAGALIE et TRISTAN, SIMONE et CHRISTIANE.

Vos réponses nous comblent de joie et me montre votre reconnaissance pour tout le travail que représente cette gazette (environ 70 personnes sont servies à chaque édition ! ! !)

A très bientôt

BIQUETTE

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